Motion du 29ème congrés de l'UDB / 2
Crise financière, crise économique, crise sociale, crise écologique : la transition vers le développement soutenable est incontournable.
Par ailleurs, en déclenchant une chute artificielle du cours des matières premières et de l’énergie, cette crise a pour effet de freiner le développement des énergies renouvelables alors que l’épuisement des ressources, notamment pétrolières, rend ce dernier indispensable. L’économie risque d’aller de crise en crise avec des rétablissements que la raréfaction de nos ressources rendra toujours plus partiels et provisoires.
Face à ce qui n’est pas un dysfonctionnement du capitalisme mais est au contraire inscrit dans sa nature même, l’Union Démocratique Bretonne refuse à la fois l’autorégulation et le laissé faire qui ne sont que le masque de l’inaction et une politique de sauvetage des banques sans contreparties qui ne fait qu’encourager la spéculation et l’irresponsabilité. Elle prône une véritable mutation en profondeur de notre système économique pour en finir avec les dérives de l’ultralibéralisme et préparer une transition vers une économie véritablement soutenable.
Elle demande en conséquence :
- La mise en place d’une taxe internationale sur les mouvements de capitaux, indispensable pour lutter contre la spéculation et dégager les ressources pour accompagner la transition vers une économie soutenable.
- Une révision en profondeur des normes comptables internationales (IFRS), adoptées en 2005 par l’Union Européenne, qui font reposer partiellement la valeur des entreprises sur les seuls marchés financiers. Il est plus que temps que l’économie réelle prenne le pas sur l’économie hallucinatoire des bourses.
- Un encadrement des rémunérations des grands dirigeants d’entreprises, d’autant plus absurdes et immorales qu’elles sont le plus souvent sans liens avec leurs performances. L’interdiction des stock options, véritables pousse-au-crime spéculatifs est une nécessité. La lutte contre la spéculation, il ne doit plus être possible de spéculer à crédit comme le font les hedge funds, ni de vendre à découvert.
- La suppression des paradis fiscaux et notamment de ceux qui, comme la Principauté de Monaco, sont directement dépendants de l’Union Européenne. La souveraineté étatique ne doit pas protéger des activités occultes préjudiciables aux intérêts de tous. L’annulation de la dette des pays les plus pauvres et une aide internationale urgente pour aider les millions de personnes menacés par la famine ou la malnutrition, ainsi qu’une réforme en profondeur du FMI et de la banque mondiale.
- Le lancement d’une politique de grands travaux pour préparer nos infrastructures et les mutations nécessaire de l’appareil industriel aux défis climatiques et énergétiques.
- La garantie à tous d’un accès aux services bancaires de base et donc la pérennité des services publics financiers. Cela implique, dès aujourd’hui, d’abandonner le projet de privatisation de la Poste.
Mais toutes ces mesures ne peuvent être efficaces qu’aux échelons européens et mondiaux. Il faut créer un organisme permanent chargé de surveiller et contrôler dans l’intérêt des peuples, l’économie et la finance mondiale. Une Europe politique, forte est plus que jamais nécessaire pour imposer ces évolutions.
Les réformes doivent cependant aller au-delà de la seule sphère financière. C’est l’ensemble de notre civilisation qui est confrontée à une triple crise, économique, environnementale et de ressources. Nous devons rompre avec la logique consistant à privatiser les gains et à socialiser les pertes. Si les Etats doivent prendre des participations, dans le capital des banques pour préserver l’économie, ils doivent en assurer la gestion ou la cogestion.