Texte des résolutions adopté par le congrès de Plérin 2008 / 2
II-A) La Bretagne a besoin de l’UDB, un parti autonomiste, écologiste et de gauche
L’UDB est toujours le parti dont la Bretagne a besoin, car aucun parti politique français n’a un projet pour la Bretagne qui respecte son identité, d’une part, et il n’y a actuellement aucun parti progressiste breton avec lequel l’UDB puisse envisager une alliance ou une fusion, d’autre part. Les orientations du XXIXe congrès de l’UDB s’articulent autour de l’autonomie de la Bretagne comme moyen d’épanouissement du peuple breton, de réponse à la crise écologique et de défense de la population et des territoires bretons contre ses effets ainsi que contre les conséquences funestes de l’ultra-libéralisme par le biais de politiques publiques adaptées.
II-A-1) Des priorités L’Union démocratique bretonne se place dans le camp de ceux qui refusent le néo-libéralisme. Parce que la question sociale ne se réduit pas aux sphères du travail et de l’économie, notre projet politique aborde l’amélioration des conditions de vie dans un cadre plus large, celui d’un projet de société où la convivialité, la vie associative et le devoir citoyen auront toute leur place. Elle refuse de réduire la vie à la seule « valeur travail ».
II-A-1-0)
II-A-1-0-1) Consciente de l’impossibilité de poursuivre une politique de croissance infinie dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, l’Union démocratique bretonne se place dans une perspective de changements en profondeur dans le sens d’une société bretonne, autonome, soutenable, juste et solidaire. Les points développés ci-dessous en précisent les contours et fixent nos priorités.
II-A-1-1) Une Europe politique, fédérale, démocratique et sociale
a) L’UDB estime que la construction européenne et le renforcement des institutions européennes - et principalement du Parlement européen - sont indispensables au maintien de la paix et de la prospérité sur le continent. L’Union européenne doit avoir une assise politique forte lui permettant d’agir pour le rétablissement et le respect des nécessaires règles économiques et financières au niveau du commerce mondial et pour développer une politique extérieure commune œuvrant pour la paix, le désarmement et la solidarité internationale, en rejetant tout assujettissement à la politique militaire des USA et en mettant l’accent sur l’application, en tous lieux, du droit international et des décisions de l’ONU.
b) Elle doit aussi s’affirmer en tant que puissance pour compenser le déclin programmé des États-Unis, faire pièce à la montée des puissances autoritaires que sont la Chine populaire et la Russie et travailler au respect de la démocratie et de la diversité culturelle sur l’ensemble de la planète. Elle doit enfin s’attacher à promouvoir une gestion responsable et équitable des ressources naturelles et une transition aussi pacifique que possible vers un monde écologiquement stable.
c) L’UDB affirme qu’il est illusoire de vouloir lutter contre le détricotage de la cohésion sociale, contre les inégalités croissantes et les nouvelles formes de précarité, notamment celles induites par une sous-rémunération du travail, sans engager un socle de réformes structurelles lourdes et ambitieuses. L’Union européenne doit affirmer clairement le rôle de la puissance publique dans la conduite de l’économie et se doter d’une politique économique active, et notamment d’un réel système de régulation et de contrôle sur les plans financiers, juridiques, sociaux et économiques. Elle doit engager de nouvelles politiques industrielles communes, comme pour le charbon et l’acier à ses origines ou le domaine spatial (Agence spatiale européenne), en privilégiant la question stratégique de l’énergie, telle une aide à la recherche-développement, en particulier dans les domaines de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables non fossiles. Elle doit également établir une norme juridique commune et contraignante en matière de libertés publiques, de droits sociaux et de défense des minorités. Il revient aux forces de gauche d’être à l’initiative de ces changements et de les réaliser.
d) L’UDB agira au sein de l’ALE et des instances européennes pour promouvoir notre conception démocratique, fédérale, écologique, sociale et pacifique de l’Europe et l’adoption, par une voie démocratique d’une véritable Constitution. Celle-ci devra être compréhensible pour chacun.
II-A-1-2) Une véritable autonomie régionale
Sauf à accepter un lent glissement vers la paralysie, l’octroi d’une autonomie régionale, législative et constitutionnelle est nécessaire pour la Bretagne.
a) L’autonomie régionale est le corollaire indispensable de la relocalisation de l’économie. Elle n’est cependant concevable que sur la base d’une identité territoriale partagée. C’est pourquoi l’UDB oppose au modèle jacobin un projet de fédéralisme différencié adapté aux réalités identitaires locales. La nécessaire réunification de la Bretagne s’intégrera dans un redécoupage de l’ensemble de l’ouest de la France qui verra quatre régions fortes (Bretagne réunifiée, Normandie réunifiée, Vendée-Poitou-Charentes, Val-de-Loire) se substituer aux six (Bretagne administrative, Basse-Normandie, Haute-Normandie, Pays-de-la-Loire, Centre, Poitou-Charentes) qui existent actuellement.
b) La viabilité de l’État jacobin dans un monde dont les ressources vont en diminuant est sujette à caution. Il a de moins en moins les moyens d’échanger, comme par le passé, intégration à la culture nationale contre promesse d’ascension sociale, et déjà les cercles du pouvoir tendent à devenir le domaine réservé d’une petite aristocratie parisienne. Pris entre limites de la complexité et épuisement des ressources, il est condamné à l’échec, et sa logique politique doit être analysée et dénoncée.
c) L’UDB est favorable à un approfondissement de la démocratie, notamment par la création d’un Sénat représentant les régions sur une base égalitaire, par la suppression des départements, par la généralisation du scrutin proportionnel, par l’interdiction du cumul des mandats, la valorisation des pays et la promotion de la démocratie participative à tous les niveaux.
d) Attachée aux valeurs démocratiques du fédéralisme, l’UDB souhaite que l’accession à une pleine autonomie territoriale se fasse dans le cadre d’une Bretagne elle-même fédérale qui s’appuiera, d’une part, sur les libertés communales, d’autre part sur le remplacement des intercommunalités et des départements par les Pays transformés en collectivités de plein exercice.
II-A-1-3) Faire face à l’urgence sociale Face à l’impasse que constitue l’ultra-libéralisme, l’UDB affirme que la justice sociale doit être au cœur de tout projet de société.
a)
b) Contrairement à ce qu’affirment les dogmes productivistes et ultra-libéraux, la croissance n’est pas, en elle-même, génératrice de progrès social. Sans politique de redistribution forte, elle tend même à accroître les inégalités. Pour aboutir à une véritable justice sociale, une politique volontariste est indispensable.
c) Celle-ci passe naturellement par une politique de revalorisation des bas revenus et par une lutte déterminée contre les discriminations, mais ce n’est pas suffisant. La puissance publique doit, à tous les niveaux, garantir l’équilibre des relations entre employeurs et employés, notamment par le biais d’un droit du travail clair et exhaustif dont l’application doit être renforcée.
d) L’UDB estime que la puissance publique régionale a un rôle central à jouer dans une politique de l’emploi qui doit être repensée et dont l’évaluation doit être améliorée. La formation initiale et continue doit y être pleinement intégrée et permettre une mobilité professionnelle choisie.
e) L’UDB croit au rôle central des services publics dans la cohésion du territoire et la réduction des inégalités. Elle rappelle que ceux-ci s’exercent ou ont vocation à s’exercer à plusieurs niveaux et que les innovations porteuses de progrès social sont souvent le fait de collectivités locales ou régionales. Elle estime enfin que la puissance publique doit mener une véritable politique d’offre de services à destination des classes populaires, notamment dans les secteurs les plus touchés par les hausses de prix comme le transport, la santé, l’eau, l’énergie ou le logement. Ces services vitaux ne doivent en aucun cas dépendre du seul secteur privé.
f) L’UDB affirme que la puissance publique doit servir la démocratie. S’il semble acquis à gauche que la puissance publique doit être le garant de l’équité sociale, force est de constater que la conduite et l’animation des politiques sociales en France relèvent du maquis institutionnel. Pour mettre en œuvre une véritable politique sociale adaptée aux nécessités locales, il est indispensable de donner leur autonomie aux régions ainsi que les moyens de l’assumer, ce qui suppose une réforme de tout le système fiscal et rend nécessaire une autre répartition des impôts et des ressources fiscales. Cette autonomie ne peut cependant se concevoir qu’accompagnée d’une clarification des compétences, d’une transparence dans la gestion et d’une véritable politique de solidarité territoriale s’appuyant sur de véritables services publics.
g) Pour l’UDB, l’égalité territoriale constitue un objectif essentiel. L’évolution économique et politique en cours accentue les déséquilibres territoriaux et l’inégalité d’accès aux services publics et à l’emploi. La lutte contre cette fracture territoriale externe et interne (est/ouest, côte/intérieur) est une priorité. La Région et les autres collectivités territoriales bretonnes ont le devoir de combattre cette évolution et d’obtenir de l’État la mise en place d’une véritable politique d’aménagement du territoire.
h) L’UDB se doit de développer ses relations et partenariats avec les divers mouvements sociaux, culturels, environnementaux, de défense des droits de l’homme... Elle accentuera ses relations avec les syndicats, dans le respect de leur indépendance réciproque, et participera à la réflexion sur la gestion des ressources et l’avenir de notre société.
II-A-1-4) Faire face à l’urgence écologique Il est désormais impossible d’éviter une crise écologique globale combinant changement climatique et épuisement des ressources. Le modèle de développement capitaliste basé sur un projet de croissance indéfinie dans un monde fini trouve aujourd’hui ses limites et risque d’entraîner le monde dans une crise multiforme grosse de menaces pour l’ensemble des acquis du dernier siècle Ce n’est pas seulement la planète qui est en danger, mais également l’humanité et nos sociétés.
a)
b) Les régions sont les espaces les plus pertinents pour mettre en œuvre - en Bretagne et ailleurs - une politique écologiquement durable, juste, solidaire, prospère et compatible avec le caractère limité de nos ressources.
Les initiatives prises par la Région Bretagne (adhésion au réseau des Régions du monde pour le développement durable, organisation du premier Sommet mondial des Régions sur le changement climatique à Saint-Malo, accueil à Brest du centre CLIMSAT de l’ONU) et auxquelles les élus régionaux de l’UDB ont fortement contribué, doivent être poursuivies et encouragées. c) Il faut remettre en cause ces mythes modernes que sont la croissance et la société de consommation. Outre le fait qu’ils ne profitent qu’à une minorité de la population de la planète, ils sont la cause de la situation de dépassement de capacité écologique dans laquelle nous nous trouvons.
Cette remise en cause ne doit cependant pas être supportée par les classes populaires mais doit, au contraire, se traduire par un surcroît d’égalité et de solidarité.
Pour mesurer l’état de santé d’une société il faut préférer au PIB (produit intérieur brut) un indicateur comme l’IDH (indice de développement humain) utilisé par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), qui met en avant l’accès aux services fondamentaux (alimentation, santé, éducation, logement), les écarts de richesse et l’espérance de vie.
d) L’aménagement énergétique futur de la Bretagne devra reposer, à terme, sur une utilisation quasi exclusive des énergies renouvelables. Pour y parvenir, l’UDB soutient et encourage les projets de recherche et de développement devant conduire à des sites de production énergétique intelligemment répartis sur notre territoire. Cela va de pair avec une politique d’économie d’énergies innovante, basée sur la mise en œuvre de nouvelles techniques de construction, de nouveaux matériaux et d’une recherche volontariste dans ces domaines.
e) Face à l’épuisement du modèle de la « révolution verte », il est urgent de relocaliser l’agriculture et de la recentrer vers ce qui doit être sa vocation première : l’alimentation. La souveraineté alimentaire est un objectif essentiel, en Bretagne comme ailleurs, mais il ne peut être atteint qu’en rompant avec des techniques productivistes polluantes et totalement dépendantes des énergies fossiles, tout en privilégiant les circuits courts. Par ailleurs, l’UDB refuse les OGM en plein champ dont l’innocuité n’a pas été prouvée.
f) Face aux
risques majeurs d’une augmentation substantielle du niveau de la mer, l’UDB demande la mise en œuvre urgente de politiques publiques tendant à leur suppression et, là où la situation est
irréversible, la mise en œuvre d’une politique d’aménagement du territoire qui anticipe les mouvements de population. g) La pression immobilière sur notre territoire
pose trois grands problèmes :
- un problème écologique par le mitage du territoire, en particulier le long des côtes ;
- un problème agricole par la réduction de l’espace consacré à l’agriculture ;
- un problème de mixité sociale, les salariés les plus modestes et les chômeurs, souvent jeunes, ne peuvent plus se loger sur leur lieu de vie et (ou) de travail et sont rejetés dans
l’arrière-pays. La côte devient ainsi une zone habitée par des personnes aisées, ou inhabitée hors des périodes d’été.
La région, par la création de l’EPFR (établissement public foncier régional), doit permettre aux citoyens les plus modestes de vivre là où ils travaillent. L’UDB demandera, par ailleurs, pour limiter le mitage du territoire, un moratoire sur la construction des résidences secondaires, à l’issue duquel un bilan de ses effets sera réalisé.
II-A-1-5) Instaurer la démocratie économique L’UDB estime que, si le dirigisme étatique a fait la preuve de son inefficacité, une politique de « laisser faire, laisser aller » transformerait la démocratie en une coquille vide. Parce qu’elle représente le peuple et est responsable devant lui, la puissance publique a le droit et le devoir d’intervenir dans l’économie.
a)
b) L’UDB affirme qu’aucun moyen collectif ne peut être soustrait aux décisions collectives de ses acteurs. Elle croit également que, si une société libre implique la liberté des entreprises, notamment, cette liberté ne peut s’étendre à la liberté de profiter du travail, de la crédulité ou de la faiblesse d’autrui. Elle rappelle le rôle essentiel des organisations syndicales pour une véritable démocratie économique.
c) L’UDB estime que la démocratie doit être étendue au domaine économique et que la richesse doit d’abord aller à ceux qui la créent. Elle insiste sur la nécessité d’un encadrement strict du capitalisme financier, du partage des bénéfices de l’entreprise, et d’un développement du rôle des salariés dans les processus de décision économique, en évaluant, en contractualisant et en sanctionnant les abus éventuels.
Le renvoi de la négociation au sein de chaque entreprise, s’il n’est pas précédé et accompagné de garanties conventionnelles de branche, ne sert qu’à masquer une remise en cause des droits des salariés.
d) La Bretagne, avec son histoire sociale et son actualité politique, peut devenir le fer de lance de la réflexion programmatique d’une économie progressiste, humaniste et territorialisée. Il convient en particulier de reconnaître l’utilité publique de l’économie sociale en concentrant sur ce secteur les aménagements fiscaux et les actions publiques susceptibles de créer de l’emploi. En effet, l’économie sociale, laboratoire démocratique, ancre l’activité sur un territoire et, de fait, constitue une des réponses aux délocalisations. Il convient également de travailler à la création d’un vrai statut de l’économie sociale et solidaire en Europe.
e) L’urgence économique
L’UDB considère qu’un développement économique équilibré et durable de la Bretagne est plus que jamais une urgence. Si la population bretonne ne cesse d’augmenter, c’est bien davantage grâce au retour ou à l’arrivée de retraités exilés qu’en raison d’une augmentation des offres d’emploi. En Bretagne, l’exode des jeunes, notamment des mieux formés, reste une réalité. Le développement local constitue l’une des réponses à la situation économique.
Pour l’assurer, l’UDB préconise :
- le soutien aux projets de recherche et de développement générateurs d’emplois ;
- la mise en place d’une infrastructure en télécommunications performante ;
- la mise en œuvre d’une grande prospective dans l’ensemble des domaines économiques que compte notre région afin d’anticiper les évolutions (exemple de l’agriculture, de la pêche).
Pour cela, les organismes de prospection, les universitaires, seront largement consultés et mis à contribution.
L’UDB préconise le soutien et la valorisation des circuits courts (production, distribution, échanges) comme une des réponses à la hausse du coût des transports. Cela permet à la fois une amélioration de la qualité et une juste rémunération du producteur. L’action politique des pouvoirs locaux est de faciliter ces échanges, notamment par l’amélioration des communications intra-régionales, par une aide au regroupement de l’offre et de la demande.
Pour la Bretagne, la maîtrise de son destin économique passe par la maîtrise des moyens financiers nécessaires. L’UDB réclame que les fonds européens destinés à la Bretagne soient directement gérés par la Région, sans transiter par l’État. L’UDB propose également que la Région Bretagne puisse lever une partie de l’impôt sur le revenu. Il est essentiel pour le développement économique de la Bretagne que les Bretons eux-mêmes puissent décider des priorités d’investissement d’infrastructures.
II-A-1-6) Réaffirmer la laïcité
L’UDB inscrit son combat dans la lutte pour le respect des droits de l’homme et combat toutes les discriminations basées sur l’origine, la religion, le sexe, l’âge, la santé ou les orientations sexuelles. L’UDB affirme que le principe de laïcité est à la fois un respect du pluralisme, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de l’égalité des chances et un refus de toutes les discriminations. L’UDB rappelle que la nécessité de protéger les citoyens de toute entrave à la liberté de choix passe par une éducation à l’esprit critique et à l’autonomie de jugement dont l’école doit être le cadre privilégié. Dans cet esprit, l’UDB est pour un enseignement du fait religieux dans une approche pluridisciplinaire.
II-A-1-7) Défendre et promouvoir la langue bretonne, le gallo et la culture bretonne
L’UDB considère qu’une lutte culturelle est forcément politique et agira en ce sens auprès des acteurs culturels de Bretagne. Ainsi :
a) L’UDB affirme la nécessité de défendre et de promouvoir la langue bretonne, le gallo et la culture bretonne, gage, dans toutes ses composantes, de dynamisme politique, économique et social, et instrument de solidarité entre les Bretons. Elle estime que la culture bretonne n’est pas figée, qu’elle peut se transformer et assimiler, comme elle l’a toujours fait, de nombreux éléments venus d’ailleurs.
b) Le peuple breton a hérité d’un riche patrimoine culturel - matériel et immatériel -, naturel, linguistique... qui constitue une grande partie de son identité actuelle. Ce patrimoine doit faire l’objet de politiques ambitieuses visant à mieux le connaître, le protéger, l’entretenir et le valoriser. L’UDB agira pour que tous les moyens - y compris législatifs et réglementaires - soient mis en œuvre pour parvenir à ces objectifs.
c) L’UDB estime que la culture bretonne doit être un outil d’intégration pour ceux qui, d’où qu’ils viennent, ont choisi de s’installer en Bretagne. Pour cela elle doit, tout en préservant son originalité, être ouverte à toutes les autres cultures.
d) L’UDB demande à ce que la Bretagne reçoive les compétences et les moyens nécessaires pour transmettre, promouvoir et développer la langue bretonne, le gallo et sa culture, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’audiovisuel. L’institution régionale doit se montrer particulièrement offensive en ces domaines.
e) L’UDB s’engage à faire tout ce qui est possible pour assurer le développement de la langue bretonne, en s’appuyant notamment sur les bretonnants de naissance, et en soutenant les actions menées par les écoles bilingues publiques, privées et associatives, à parité horaire ou en immersion, ainsi que toute initiative permettant d’obtenir une filière complète de la maternelle à l’enseignement supérieur.
f) Dans les collectivités territoriales, notamment là où l’UDB est présente, on s’efforcera de provoquer l’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg. L’UDB encourage tous ses militants à apprendre le breton et/ou le gallo.
II-A-1-8) La Bretagne, des atouts maritimes à valoriser L’UDB estime que, pour favoriser le développement économique de la Bretagne, il faut investir sur ses atouts. Au premier rang d’entre eux se trouve sa situation maritime, source de richesses économiques et énergétiques.
a)
b) L’innovation et la recherche doivent être orientées vers l’accompagnement de la filière pêche et la recherche de ressources énergétiques en mer.
c) La mise en cohérence des ports de Brest, Lorient et Saint-Malo avec celui de Nantes - Saint-Nazaire est une nécessité économique. L’UDB rappelle que la réunification est un bon outil pour favoriser les synergies entre acteurs de l’économie maritime.
II-A-2) Confirmer une stratégie d’ouverture, de gauche, écologiste et bretonne L’Union démocratique bretonne a pour objectif de construire une société bretonne juste, solidaire et soutenable, mais elle entend le faire dans une perspective d’évolution, sans rupture brutale et dans le cadre des institutions démocratiques.
a)
b) L’UDB s’engage, pour faire barrage à une droite de plus en plus réactionnaire, aux côtés de tous les partis progressistes et démocratiques sur la base d’un socle commun : revaloriser les minima sociaux, augmenter le SMIC et les bas salaires, simplifier et renforcer le cadre réglementaire du droit du travail, promouvoir l’égalité hommes-femmes et la parité, assurer une représentation effective des salariés dans les instances décisionnelles, faire une priorité de la formation des jeunes et renforcer les compétences des Régions en la matière, promouvoir la culture et les langues de Bretagne, promouvoir l’identité bretonne sous toutes ses formes, lutter contre la spéculation foncière et assurer le droit au logement, défendre le système de retraite par répartition et les services publics indispensables à la cohésion territoriale, reconnaître le rôle central des collectivités locales en matière de développement durable et pour le maintien de services publics, agir pour la réunification administrative de la Bretagne.
c) L’UDB estime que la transformation de la société et la réponse adéquate à la crise globale se feront au moins autant par des initiatives et des luttes locales que par une répétition des grandes réformes centralisées.
d) Elle ne peut oublier son analyse de fond : l’État, en France, assure une fausse égalité entre les citoyens et les territoires et, à l’heure de la crise écologique, engage les uns comme les autres dans une voie sans issue. Elle affirme que si l’autonomie - pas plus que l’État - n’est pas par nature progressiste, elle reste un outil puissant au service de la transformation sociale et de la soutenabilité.
II-A-2-1-0) Les prochaines échéances électorales L’UDB établit sa stratégie électorale et ses alliances ou soutiens sur la base de son projet et de ses priorités telles que définies plus haut. L’UDB fait partie des forces de gauche et, à ce titre, est amenée à établir ses alliances dans ce cadre. L’exemple des élections régionales de 2004 doit continuer à nous inspirer. Nous avons réussi à avancer au travers d’une alliance à deux tours en ayant affiché d’emblée notre volonté de participer avec les partis « gestionnaires » à la mise en œuvre d’une politique qui ne recouvre pas notre programme mais ne contredit pas nos valeurs. Le bilan de nos conseillers régionaux, aux deux tiers de leur mandat, montre que la Région Bretagne a besoin des élus UDB.
a)
b) En l’état actuel des choses, sa priorité doit rester la création d’un espace de confrontation et de dialogue (notre journal Le Peuple breton y contribue remarquablement) pour faire émerger cette gauche fédéraliste et écologiste qui, pour le moment, ne se retrouve qu’à l’UDB et dans une partie du mouvement écologiste.
c) La gravité des attaques de la droite au pouvoir nous conduit à nous donner pour priorité le maintien de la Région à gauche et l’accroissement de notre influence au sein de la majorité régionale. Cette alliance préférentielle à gauche doit se faire en cohérence avec les actions de la fédération Régions et peuples solidaires, dont la politique visant à créer sur le territoire de la République française un rapport de forces favorable aux droits des minorités constitue un axe fondamental de notre action.
II-A-2-1-1) Les élections européennes
Les élections européennes auront lieu en juin 2009. La Bretagne, en France, ne constitue pas une circonscription électorale distincte au Parlement européen, contrairement au pays de Galles et à l’Écosse, par exemple.
La nature du scrutin et la taille des circonscriptions rendent peu réaliste une participation de l’UDB isolée en tant que telle. L’UDB travaillera donc, dans le cadre de R&PS (Régions & peuples solidaires), à la construction de listes d’union de gauche, européennes, fédéralistes et écologistes avec les Verts l’objectif étant l’obtention d’au moins une place éligible pour R&PS et une réelle visibilité des autres candidats R&PS.
II-A-2-1-2) Les élections régionales
Les élections régionales sont fondamentales pour l’UDB ; en tout état de cause, le parti sera présent à ce scrutin de façon autonome si nécessaire. L’échéance des prochaines élections régionales (probablement en 2010) sera abordée au regard de plusieurs éléments :
- l’expérience de 2004, à savoir
notre alliance dynamique au premier tour des régionales avec les Verts et la gauche alternative (près de 10 % des voix) et l’accord victorieux de second tour avec la liste conduite par
Jean-Yves Le Drian ;
- le bilan de notre participation à la gestion de la Région administrative au sein de la majorité régionale ;
- la collaboration maintenue entre les élus régionaux de l’UDB et des Verts. Notre stratégie tiendra compte d’un triple objectif :
- faire mieux prendre en compte nos idées par nos partenaires et donc dans les futures politiques régionales ;
- asseoir et développer notre représentation au sein du conseil régional de Bretagne ;
- maintenir la Bretagne à gauche.
Compte tenu du calendrier relativement éloigné du scrutin des élections régionales, des éventuelles évolutions envisagées par l’actuel gouvernement, le congrès mandate le bureau politique pour organiser une convention nationale de façon à adapter notre positionnement au plus près des réalités et de nos objectifs. L’UDB profitera de la campagne des élections régionales pour réaffirmer sa volonté de voir la Bretagne réunifiée. En Loire-Atlantique, l’UDB ne participera pas à une liste hostile à la réunification de la Bretagne.